On parle souvent de jauges, de visibilité, de grandes salles ou de festivals bondés. Mais une autre scène existe. Elle est petite. Parfois invisible. Elle s’installe dans un couloir d’EHPAD, un salon de maison de retraite, une chambre d’hôpital, une cellule, ou même chez quelqu’un qui ne peut plus sortir.
Et là, il ne s’agit plus d’atteindre la foule, mais de toucher l’autre, profondément.
1. Pourquoi performer pour un·e seul·e spectateur·rice ?
Parce que parfois :
une seule personne a besoin d’un moment d’art pour se sentir vivante
le spectacle devient soin, attention, présence
l’artiste revient à l’essence : incarner une émotion et la partager, ici, maintenant
🎭 Il ne s’agit pas d’animer. Il s’agit de jouer vraiment, pour une personne qui regarde, écoute, reçoit.
2. Quelles formes artistiques s’y prêtent ?
Théâtre de chambre (au sens propre)
Récits intimes, lectures, contes murmurés
Mini performances visuelles ou sonores
Objets, marionnettes, rituels doux
Micro-danses, regardées depuis un fauteuil ou un lit
💡 La forme doit être souple, légère, et profondément humaine.
3. Où et pour qui ?
Personnes âgées isolées
Publics hospitalisés ou en soins
Personnes en situation de handicap
Publics éloignés en zones rurales
Résidents en établissements pénitentiaires
Et parfois… des gens simplement en marge du “circuit culturel”.
4. Comment créer une proposition adaptée ?
Penser l’intimité : éviter la frontalité, préférer la conversation
Ralentir : tout prend plus de temps, et c’est très bien
Préparer une version modulable (5-10-15 minutes, adaptable à l’attention de la personne)
Travailler avec les médiateurs sociaux, soignants, aidants : ce sont eux qui facilitent l’accès
5. Ce que ça change pour l’artiste
Tu ne gagnes pas “en visibilité”. Tu gagnes en humanité.
Tu joues moins souvent, mais chaque fois compte infiniment plus.
C’est un engagement. Un geste. Une offrande.
Et souvent… un retour bouleversant.
🚀 Conclusion
Dans un monde qui valorise le buzz, le nombre de vues, les programmations prestigieuses, performer pour une seule personne peut sembler dérisoire.
Mais c’est peut-être là, dans ce face-à-face silencieux, que le spectacle vivant retrouve toute sa puissance.