À l’ère des budgets incertains et des attentes grandissantes, dépendre d’une seule source de financement, c’est risquer l’accident industriel à chaque virage. Pour survivre (et mieux, prospérer), il faut penser modèle hybride.
Mais hybride, ça veut dire quoi exactement ? Ça veut dire diversifié, articulé, stratégique. Et surtout : ajusté à ton projet. Pas une usine à gaz copiée-collée, mais une architecture souple où chaque pilier soutient l’autre.
🧱 Les 4 piliers du modèle hybride
1. Les subventions
-L’argent public reste un levier puissant… à condition d'être là où il coule.
-Aides à la création, à la résidence, à la diffusion
-DRAC, collectivités, CNM, Adami, Spedidam…
-Nécessitent un bon dossier, une vision claire, des partenaires solides
-Délais longs, logique de guichet, logique de "projet" plus que de "structure"
👉 Bon à savoir : Les subventions financent souvent ce que tu veux faire à l’avenir, pas ce que tu fais déjà.
2. Le mécénat
-Le soutien privé... sans contrepartie commerciale
-Fondations d’entreprise, particuliers, cercles de donateurs
-Plus souple que les subventions mais demande du temps relationnel
-Le projet artistique doit porter du sens sociétal, culturel, éducatif ou environnemental
-Permet un financement à la fois stratégique et valorisant
👉 Exemple : un spectacle sur l’écologie soutenu par une fondation environnementale.
3. La billetterie
-L’épreuve du feu : ton spectacle peut-il vendre ?
-C’est le seul financement directement lié au public
-Demande une vraie stratégie de diffusion : ciblage, jauge, calendrier, tarification
-Fonctionne en cession ou en coréalisation
-Parfois sous-exploitée par peur de “se vendre”
👉 Conseil : même une jauge modeste peut rapporter gros... si elle est bien gérée.
4. Les licences, droits, formats dérivés
La représentation comme matrice d’autres revenus
-Adaptations numériques : captations, replays payants, podcast
-Produits dérivés : livre, CD, objets, ateliers, formations
-Droits d’auteur et cession de licences à d’autres structures (SACEM, SPEDIDAM, SACD, et…)
👉 Objectif : prolonger la vie du projet hors scène, créer de nouveaux canaux de revenus.
🧭 Comment composer ton modèle hybride ?
Pose-toi trois questions simples :
1-Qu’est-ce que je crée ?
2-À qui cela peut-il bénéficier (public, mécène, diffuseur, acheteur, institution) ?
3-Quels sont les formats et canaux que je peux activer ?
Tu n’as pas besoin de tout faire tout de suite.
Mais il est temps de penser ton spectacle comme un centre de gravité économique, capable d’irradier sur plusieurs plans.
✨ En résumé
Un bon modèle hybride, c’est :
-Diversifié mais cohérent
-Créatif mais structuré
-Aligne l’intention artistique, les formats, les publics, les partenaires et les ressources.
Tu es artiste, oui. Mais tu es aussi de facto le producteur de ton propre spectacle.
Alors, à toi d’inventer le modèle qui te ressemble.