Produire pour qui ?

Produire pour qui ?

Connaître ses publics, c’est produire mieux

Créer, c’est vital. Mais produire… c’est stratégique.

Et une des premières vraies questions qu’un producteur indépendant devrait se poser est toute simple (et pourtant rarement formulée franchement) :

« Pour qui je fais ça ? »

Non, tu ne crées pas “pour tout le monde”.
Même si ton propos est universel, ton geste artistique a des entrées privilégiées.
Et mieux tu les identifies, mieux tu pourras adapter, diffuser, vendre, partager ton spectacle.

Cartographier ses publics : 4 approches complémentaires

1. Par tranche d’âge ou génération

Un même spectacle ne résonne pas de la même façon chez :

les enfants (besoin de rythme, de concret, d’interaction)

les ados (besoin de miroir, de provocation, de codes actuels)

les adultes (besoin de fond, d’identification, de surprise)

les seniors (souvent sensibles à la mémoire, aux récits de vie, au lien intergénérationnel)

Même si ton propos traverse les âges, l’accroche change. Et produire, c’est aussi penser cette accroche.

2. Par territoire

Entre une salle de centre-ville, un festival rural ou une médiathèque en quartier prioritaire, les réalités sont différentes :

attentes culturelles

pratiques de sortie

habitudes de médiation

contraintes techniques

Adapter ton spectacle à un territoire, c’est gagner en pertinence et ouvrir des circuits souvent négligés.

3. Par affinité ou passion

Un public, ce n’est pas qu’un âge ou un lieu. C’est aussi un intérêt partagé :

passionnés de contes, d’arts visuels, de musiques du monde ?

public militant, féministe, queer, écologique ?

passionnés d’histoire, de sciences, de mémoire vivante ?

Identifier ces affinités te permet de produire avec un ancrage thématique fort, qui ouvre la porte à des partenaires relais : festivals spécialisés, assos, réseaux de niche.

4. Par contexte d’accueil

Produire, ce n’est pas forcément viser le théâtre municipal. Un même projet peut circuler :

en entreprise (team building, prévention)

dans l’Éducation nationale (médiation artistique, PEAC)

en milieu hospitalier (art & santé)

en centre social ou MJC (inclusion, lien social)

dans l’espace public (animation, expérimentation)

Chaque contexte appelle une forme, un ton, une durée, un accompagnement spécifique.

Pourquoi ça change tout

Quand tu sais pour qui tu produis, tu peux :

Adapter ta proposition scénique (durée, format, langage, actions périphériques)

Rédiger un dossier plus clair, plus ciblé, plus convaincant

Construire une stratégie de diffusion réaliste et motivante

Échanger avec tes interlocuteurs (programmateurs, financeurs, médiateurs) en parlant leur langue

Créer des alliances plus solides avec des lieux, assos, institutions qui partagent ta vision

En résumé

Produire pour tout le monde, c’est produire pour personne.

Prendre le temps de cartographier tes publics, c’est prendre soin de ton projet.

Et c’est aussi donner à ton œuvre une chance d’aller plus loin, plus longtemps, avec plus d’impact.

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